Richard Moss
Par Eveil-fr.com le 9, février , 2010 avec 0 Commentaires
« En 1977, au début de ma carrière en tant que médecin, j’ai eu une réalisation spontanée qui a changée la compréhension de moi-même et de la vie si totalement que j’ai commencé un nouveau voyage fait d’apprentissage et de découverte ainsi qu’une nouvelle carrière partageant l’éveil de la conscience avec d’autres. Depuis le début je savais qu’il m’avait été donné une expérience directe de l’ineffable celui écrit par les mystiques et les saints. Mais la vie me montra rapidement que toute expérience de ce type reste partielle tant qu’elle n’est pas incarnée dans de saines relations. »
Richard Moss: de la transformation radicale
« Tant que nous croirons que les phénomènes extérieurs et visibles de la vie représentent la seule réalité, nous aurons tendance à penser qu’en changeant les apparences, nous pourrons nous changer nous-mêmes. A mon sens, ceci témoigne d’une incompréhension profonde. »… « Indéniablement, la trnsformation nous conduit à faire de nouvelles expériences, à acquérir de nouvelles façons de penser pour que notre vie s’en trouve améliorée. Mais ceci n’est qu’une partie du processus. La transformation est aussi un travail radical de recherche et de lâcher-prise. Elle débute lorsque, par exemple, ceux qui veulent la paix dans le monde peuvent aussi admettre que nous ne savons pas ce qu’est réellement la paix, ni même comment la trouver au fond de nous. Il est beaucoup plus facile -trop facile- d’affirmer notre identité en nous mettant, autant que faire se peut, au service de nobles causes qui visent à transformer notre monde en un monde meilleur. De tels efforts contribuent certainement au déclenchement de la transformation; mais nous devons aussi regarder en face le fait qu’un véritable changement est de loin plus radical et exigeant. Cela dépasse tout concept, tout espoir que nous puissions avoir d’une vie meilleure. si nos efforts nous apportent estime de soi et auto-satsifaction, au point que nous nous détournions complètement d’une recherche plus profonde, ils peuvent en fin de compte infirmer notre vitalité et réduire les possibilités qui s’offrent à nous de changer fondamentalement notre conscience.
La transformation tient du désir et de l’intention, mais participe également de l’intuition et du lâcher prise. Plus encore, elle concerne notre conscience. Nous somems à tout instant au seuil d’un changement radical. …
Pour accéder au changement radical, il est nécessaire de s’ouvrir à un espace plus large, où l’énergie développera naturellement une expression harmonieuse. »
Dr. Richard Moss – Le papillon noir (ed. le souffle d’or)
Il y a une technique, une seule, et on ne peut pas vraiment appeler cela une technique, aussi paradoxal que cela puisse paraître. C’est le moi du fini qui parle de technique, de devenir. Le moi infini ne peut s’exprimer en ces termes. Lors de mon éveil, je me suis rendu compte que rien de tout ce que j’avais fait auparavant n’avait contribué à cet éveil. L’éveil est la Grâce. Cependant, tout ce que j’avais fait auparavant m’a aidé à survivre à cet éveil et à l’intégrer. Et cela aussi est la grâce.
La seule technique qui soit est l’attention, ou perception consciente. Nous pouvons dire que le processus de l’éveil est un mouvement – si l’on adopte le principe de la réincarnation ou vies multiples, l’on pourrait dire que l’on s’est préparé au cours des vies précédentes, et que cela s’éveille au moment voulu dans une vie particulière ; mais pour la personne en qui cela arrive, cela semble un acte de grâce spontanée. Aussi est-ce bien, à un certain niveau, un acte de grâce spontanée. Un maître zen, je crois, a dit un jour : « L’illumination est un accident, et la pratique ce qui le provoque ! ».
Un autre élément entre en ligne de compte : il n’est pas en mon pouvoir de générer en autrui un profond degré d’éveil. Mais il existe un autre niveau d’éveil, ce que j’appellerai l’induction – la présence d’un être dont l’expansion, l’ouverture, induit cela chez autrui. Telle est la pratique courante, et la raison, la justification, pour rechercher la présence d’un éveillé. Vous entrez en résonance avec cet être, et cela vous entraîne vers une autre dimension. C’est une technique valable, qui a aussi ses limites, mais je n’en discuterais pas ici. En ce qui me concerne, ma propre filiation s’inscrit en partie dans la lignée de Franklin Merrell-Wolff, bien que je ne l’aie pas connu avant mon éveil. Mais j’ai réalisé dès notre première rencontre que j’étais en présence d’un être qui avait connu une illumination spontanée, et que cela existe. L’illumination spontanée survient et est ensuite intégrée à divers degrés par ceux qui l’ont vécue. Dans son livre Cosmic Consciousness, Richard Morris-Bucke parle d’individus ayant connu une illumination de ce type. Ces êtres deviennent alors une force inductrice capable de faire bouger les autres.
L’ouverture
C’est l’époque de mon trentième anniversaire qui, pour moi, marque véritablement le temps le plus fort de mon ouverture. Du fait de la nature multidimensionnelle de ce que j’ai vécu, je puis difficilement être objectif en me rappelant cette époque. Je la regarde différemment à mesure que ma pénétration se fait plus profonde. Mais puisque l’on ne peut revenir en arrière, je relaterai cette expérience aussi fidèlement que possible à mon souvenir d’alors.
Le jour de mon trentième anniversaire, j’ai dû recevoir un patient, alors que j’avais décidé de consacrer cette journée à une retraite personnelle. Cet homme avait un cancer en phase terminale et se sentait désespéré. A contre-coeur, j’avais accepté de le recevoir. Plus que de sa maladie, pourtant bien réelle, il souffrait d’un état dépressif et en était arrivé à envisager le suicide. Après avoir parlé avec lui des heures durant, je procédai à un transfert d’énergie qui, à ses dires, le délivra de cet état dépressif. Je ressentis pour ma part une angoisse harcelante et toutes sortes de pressentiments. Pour la première fois de ma carrière, aussitôt que mon client fut parti je lavai tous les draps, aérai la pièce et entrepris pour moi-même un rituel de purification. Mais les pressentiments demeurèrent.
Deux jours plus tard, je me rendis à Lone Pine pour rencontrer Franklin Merrell-Wolff. Je m’arrêtai dans un restaurant pour prendre un café et parcourir rapidement le livre du docteur Wolff : Pathways Through to Space que je voulais terminer avant notre rendez-vous. Presque tout de suite, les mots se mirent à danser sur la page. Je regardai autour de moi et tout semblait vibrer d’énergie. L’air lui-même s’était embrassé, la lumière irradiait et mon corps réagissait comme un réacteur atomique qui se serait emballé. Je quittai le restaurant et remontai une petite route de campagne en direction de la montagne. Je me sentais malade, comme si mon corps allait exploser. Un éclat miroitant s’infiltrait partout et je me mis à me dissoudre dans le monde qui m’entourait.
Au bout de quelques centaines de mètres, je m’assis dans l’herbe. Je regardai autour de moi et me sentis comme si je pénétrais à l’intérieur des plantes. Je passais à travers l’enchevêtrement des tiges, dans la sève, dans les cellules. Une vache paissait dans le champ. Je battis des yeux et mon regard se porta sur elle. Immédiatement, je me sentis me fondre en elle. « Moi » et le monde qui m’entourait n’étions presque plus distincts.
Pas tout à fait cependant : la part de moi qui pouvait .observer essayait de regagner le contrôle pour résister à ce qui se passait. Mes angoisses des jours précédents prenaient une tournure très sombre et je commençai à avoir peur. Mes pensées traversaient mon esprit à une vitesse telle que je ne pouvais même pas les évaluer rationnellement, sans cependant que mon point de vue médical en fût infirmé. Toute une série de diagnostics angoissants m’apparaissait : attaque, choc, psychose, tumeur avec sécrétion d’adrénaline… Bien que j’aie marché lentement et me sois simplement assis, mon coeur battait à tout rompre, mon pouls atteignait les cent vingt. J’étais en excellente santé et mon corps cependant semblait vouloir se disloquer. J’essayais de respirer profondément pour arriver à me recentrer. Rien de ce que j’avais appris ne pouvait m’aider à comprendre cette expérience. Je m’intimai l’ordre de lâcher prise, mais alors la dissolution devint plus totale encore et la peur plus accablante. Je ne sais combien de temps je restai assis sur le bord de la route, une heure peut-être. Je me sentais malade…
L’Amour inconditionnel
Je me rendais compte, d’autre part, que la façon la plus directe d’explorer l’énergie était de travailler en groupe. Ma vie se mit en place autour de cette vocation; un nouveau concept présidait au coeur de cette voie et du travail entrepris: l’Amour Inconditionnel. L’Amour Inconditionnel: je le portais dans mon coeur mais ne pouvais l’expliquer. Il était devenu le but ultime, la condition la plus vraie: ce qu’est le Christ pour un chrétien, l’Amour Inconditionnel l’était pour moi. Je me demandais: « Qu’est-ce que l’Amour Inconditionnel ? Quel sens lui donner dans mes relations, dans mon travail ? » L’Amour Inconditionnel se fit ma consécration active.
A la lumière de cette consécration, j’approfondis les motivations qui sous-tendaient tout ce que je faisais. La notion d’Amour Inconditionnel se mit à me détourner des buts thérapeutiques auxquels je pensais. Etait-ce réellement aimer autrui que chercher à le changer ? N’était-ce pas impliquer qu’il était inacceptable tel quel ? En considérant l’importance que je pouvais m’attribuer lorque j’avais à mener quelqu’un à une compréhension ou à une prise de conscience nouvelle, je me mis à douter du caractère inconditionnel de mes actes Pour que mes relations puissent devenir plus profondes enco re, il fallait que je cesse d’essayer, que j’arrête d’avoir de:j objectifs. Là, je voulais apporter la meilleure qualité d’énergie et une foule de pensées affluait à mon esprit, du genre: « sent-elle ce que je fais ? Est-ce puissant ? Suis-je un bon guérisseur ? Est-ce que cela marche ? Faut-il que j’insiste ici ?… »
A prendre ainsi conscience de ce total intérêt de moi-même qui, en fait, sous-tendait tout ce que j’entreprenais, je pus saisir mon égotisme et l’affaiblir. Je m’étais fixé un modèle que jamais je ne pourrais atteindre.
Je crus d’abord que pour arriver à l’Amour Inconditionnel, je pouvais faire quelque chose – quelque chose que tout le monde devrait faire; c’était évidemment le comble de l’égotisme. L’erreur est courante dans le mouvement du Nouvel Age, et témoigne d’un problème de translation entre les différents niveaux de conscience. L’univers est organisé sur le principe de l’Amour Inconditionnel; ceci, on le comprend lors de la réalisation. Mais ce principe ne peut plus avoir cours dès que nous revenons à notre dimension habituelle d’espace/temps/causalité; construire sa vie sur cet idéal ne peut que mener à un nouveau paradoxe.
Le paradoxe est néanmoins lui-même une porte donnant sur une dimension supérieure, et c’est précisément ce dont je fis l’expérience.
J’étais sommé de poursuivre ma recherche sur les relations engagées sous les auspices de l’Amour Inconditionnel. Je m’aperçus qu’en reconnaissant mon égotisme et l’intérêt que je me portais à moi-même, j’impliquais de moins en moins ma personne en tant que telle. J’observai ce désir de bien faire, ce besoin de reconnaissance, cette défiance vis-à-vis des hypothèses que j’émettais sur les raisons de mon engagement. Toute pénible que fût cette conscience de soi, je ne la laissais pas m’arrêter. Elle devint un véritable exercice. Il m’apparut bientôt que je ne savais rien. les pensées, bonnes ou mauvaises, dont je me qualifiais, n’étaient jamais que des pensées, dont je me qualifiais, n’étaient jamais que des pensées. Tout ce qui me restait était de demeurer conscient. J’allais donc rester conscient, tout en me fiant à la certitude qu’au-delà de moi, quelque chose de beaucoup plus pur était réellement en train de se mettre en place. Ainsi naquit mon intuition profonde du divin.
Cette intuition m’amena par la suite à un nouveau stade de consécration. Pourquoi, me suis-je demandé, l’Amour Inconditionnel aurait-il davantage de réalité que toute autre de mes pensées que j’ai certifiée, puis progressivement abandonnée ? Il arriva un moment où je m’aperçus que l’Amour Inconditionnel tel que je le concevais était lui aussi une condition. Jamais je ne prenais un moment tel quel constamment je le comparais, le jugeais, comme si le modèle était sublime. Je pris soudain conscience du besoin de contrôle qui se cachait derrière tout cela. Si réellement je croyais à l’existence de l’Amour Inconditionnel, alors il ne devait plus être nécessaire de m’y cramponner, même en tant que croyance. Je fus saisi d’un sentiment de vide et d’obscurité. Face à ce qui me semblait être le summum de la douleur, je devins terriblement introverti. Mon éveil se produisit quelques semaines plus tard et, pour la première fois, je connus l’Amour Inconditionnel directement.
NOTE: Richard Moss a obtenu son doctorat de médecine en 1972 au New York Medical College. Après quelques années de pratique en tant que généraliste, il réalisa qu’il était appelé à servir la vie d’une façon différente.
Depuis lors, son travail a été d’un grand apport à d’innombrables personnes, actives dans des domaines variés. Il a aussi initié des prises de consciences auprès d’organismes liés auusi bien à la santé, qu’au monde des affaires et de l’enseignement.
Il est l’auteur de cinq livres qui ont été traduits en cinq langues. Richard Moss enseigne en Europe,en Amérique du Sud ainsi qu’aux États-Unis. Il habite avec sa femme Ariel en Californie, ils ont trois enfants adultes.
Sous: Portraits
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