Le devenir de la terre…

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… Je le vois alors comme une phénoménale sphère d’énergie et d’amour en pulsation animée d’une vie incroyable. L’univers est à l’intérieur de cette sphère mais je ne le vois pas, je ne vois que la surface extérieure de la sphère qui, des gouffres infinis de l’absolu où je me trouve alors, est en diamètre apparent un peu comme le soleil. L’espace dans lequel je me trouve est le vide total, l’absence de tout. Une profonde paix entre en moi. Cet espace est la paix totale, la paix du rien, le vide au-delà de Dieu. Je contemple Dieu dont la surface apparaît en mouvement permanent dans les tons rosés, mauve, lilas. Puis je reviens en notre monde, mais la sphère de Dieu reste présente en mon cœur comme une sphère bouillonnante de vie et d’amour. J’ai l’impression de porter Dieu et la création dans mon cœur, et qu’une partie de moi existe au-delà de Dieu. Il faudra que je plonge dans les profondeurs de ce néant pour en savoir plus…    (« Les Mystères de la Création » – Jean-Michel Jutge)

Ce que j’appelle Dieu est ce qui est à la source de l’être, à l’origine de cette création. Le domaine de Dieu n’est pas dans cet univers, mais nous en portons un fragment dans le cœur, c’est ce qui nous différencie des autres règnes de la nature. Grâce à ce fragment nous pouvons aimer, créer, nous comporter comme des êtres libres. Nous avons une individualité, nous sommes capables d’évoluer et même de nous recréer. Nous avons une intelligence transcendante, nous pouvons trouver les sources de la vie et l’étendre. Nous pouvons voyager dans cet univers et parmi les étoiles sans avoir besoin de vaisseau, et nous pouvons découvrir les merveilles de la création. Nous pouvons connaître Dieu pour le peu qu’il veut bien se révéler à nous car Il demeure éternellement inconnaissable dans son tout, et pourtant, le peu que nous pouvons en appréhender est totalement bouleversant et peut nous rendre immortel.

Et lorsque nous sommes au service de Dieu sans que ce soit un idéal, une philosophie, une religion, ou un déguisement pour ne servir que soi, lorsque nous nous sommes suffisamment effacés pour qu’il pénètre en nous et s’exprime à travers nous, alors il est capable de grandes œuvres et sait nous utiliser pour étendre et faire avancer sa création et l’évolution de l’humanité vers son épanouissement. Mais il est impossible de décrire Dieu. Tout être qui s’y risquerait ne pourrait que le réduire à sa propre expérience, appréhension, et existence limitée, aussi vaste et près de la vérité soit elle. Dieu est ainsi appelé l’inconnaissable, l’ineffable. Mais chaque être humain peut en expérimenter une ou plusieurs facettes, en prenant contact de sa propre initiative, ou parce que de ses hauteurs cet Etre Absolu a daigné porter un regard sur nous. J’ai été moi-même amené à expérimenter différents aspects du Divin. J’en rendrai compte parfois, et j’ai livré de nombreux textes.

Mais aucune description ne peut être exhaustive, et elle restera toujours rattachée à son auteur. Bien plus important est de permettre à chacun de pouvoir atteindre cet ineffable et vivre dans cette communion où l’amour, la grâce, sont toujours renouvelés et infinis dans leurs formes d’expression. Alors la vie prend tout son sens, et l’on n’est plus jamais seul.

La question de Dieu est complexe. D’une part dans sa nature originelle Il est hors de ce monde, de cette dimension, d’autre part Il contient toute cette création à l’intérieur de Lui, et puis Il est hors du temps et de l’espace, donc pas de distance en Lui. Il n’est ni un point ni un infini selon notre conception spatiale. Toutefois, toute forme d’appréhension de sa nature nous le fait voir comme une dimension, un espace, ou un point, ou un infini, justement parce que nous sommes des êtres temporels et spatiaux. Seulement cette perception est paradoxale : comment percevoir un espace dans ce qui n’en a pas ? En fait, ce qui est révélé est notre propre espace, qui devient infini à son contact. Notre propre temps, qui devient éternel.

D’autres auteurs ont cherché à appréhender ou définir l’absolu, le plaçant ou l’identifiant parfois à la Création elle-même en lui attribuant son impureté ou ses limites, ou en laissant entendre qu’en Dieu sont contenues des zones de dualités ou d’ombres en évolution, ou en phase de perfection. Et dans le jardin d’Eden n’y avait-il pas deux arbres, l’arbre de la vie et l’arbre de la connaissance du bien et du mal ? Pourquoi Dieu a-t-il permis cette expérience de la connaissance et de la dualité ? Mais ces visions telles qu’exprimées là restent très limitée.

S’il est exact de dire que tout ce qui est réel dans ce monde est aussi Dieu, cette nature divine est tellement éloignée de sa nature originelle qu’elle n’en est en rien comparable et a perdu tous ses attributs originels, donc une nature limitée, temporelle dans la forme, remplie d’inconscience et d’obscurité, livrée à des lois automatisées. Seule la vie à travers son expansion échappe à cette limite. Pourquoi cette nature « involuée » de la nature divine, pour reprendre un terme propre à Sri Aurobindo ? Parce que Dieu a fait la création à partir de lui-même en y intégrant sa propre absence. Un tour de force paradoxal qui a créé la forme et la limite grâce à la présence de l’incréé, du néant, un néant qui nous pose beaucoup de problèmes car il est aussi à l’origine de toute l’ignorance, la souffrance, l’obscurité, l’illusion qui caractérise l’homme et l’absurdité existentielle des forces contraires, simple reflet de la limite et du néant présent dans l’univers.

Si l’on doit parler de dualité du monde réel, elle n’est que là : Dieu/néant et Dieu en est bien l’instigateur. Toute autre forme de dualité en est un sous produit. Si en tant que créatures nous ne sommes que les victimes de ce fait, Dieu a aussi placé une âme en nous, faite de sa nature originelle, et grâce à cela nous pouvons aussi transcender cette dualité. A cause de cela, de cette présence animique, Dieu s’est lié à nous et il n’aura de cesse de permettre à l’homme de se transcender lui-même. Dans cette transcendance l’homme conservera en lui sa nature de créature limitée, mais une limite qui aura su être organisée de manière à servir de pont entre la nature originelle et le néant total, cela afin de faire descendre cette nature originelle dans la création elle-même. En finalité toute la création sera rehaussée dans la nature divine pure, elle conservera une forme et un temps mais qui seront totalement illuminés, c’est à dire qu’il n’y aura plus de place pour l’obscurité, le néant, le vide total contraire à l’être. D’une certaine manière tout le meilleur sera conservé, et le pire aura disparu. Ce sera le premier sommet de l’évolution dans la perfection totale, là où tout le réel aura été extrait du faux. J’ignore ce que sera l’évolution de cette création au-delà car les lois seront différentes. Je sais simplement que cela ne s’arrêtera pas là.

De cette évolution en cours est né le monde rebelle, dont l’entité Lucifer est, sur un plan cosmique, l’instigateur. Mais l’existence du monde rebelle n’est qu’un accident dans ce plan, un risque qui a pris forme et qui sera résolu comme tous les autres produits du mensonge issus du chaos. Ce n’est qu’une anecdote dans le déroulement de l’évolution, peut-être pas la pire, et l’on ignore ce qui pourrait naître encore de l’obscurité dans l’avenir. Le choix de l’homme se porte simplement sur le fait de savoir s’il va nourrir ce qui procède de l’ombre, ou nourrir ce qui procède de la lumière, c’est à dire participer à l’évolution totale, ou y résister. Dans cette perspective, l’arbre de la vie est l’arbre de la Parole, c’est à dire la parole divine, celle que l’on retrouve en son être lorsque Dieu lui parle. Et l’arbre de la connaissance du bien et du mal est devenu l’arbre du mensonge, c’est à dire l’arbre de la conscience illusoire et projective, qui souffle en notre esprit la pensée duelle et limitée. C’est la connaissance dans le sens commun du terme, la conscience non intégrée qui est projetée en permanence sur le monde et qui nous fait voir celui-ci en fonction de notre histoire et conditionnement, sans même que nous nous en apercevions. Renoncer à l’arbre de la connaissance pour retrouver l’arbre de vie est tout un programme et, en vérité, tout le travail de retour vers Dieu. Renoncer à l’arbre de la connaissance c’est renoncer au pouvoir, à la domination, au contrôle des choses et de l’autre, à la manipulation consciente et inconsciente, à l’orgueil, tout ce dont se nourrit Lucifer ou les autres esprits du même gabarit, et qu’ils stimulent. Renoncer à l’arbre de la connaissance, c’est renoncer au savoir pour la simplicité, l’innocence, l’humilité, la soumission à l’absolu, conditions nécessaires pour que Dieu entre en nous et reconstruise l’arbre de vie. Alors l’arbre de vie nourrira toute l’humanité, nous en constituerons chacun une branche et un fruit où tous pourront se nourrir et où la vie pourra grandir. Comprendre tout cela a son importance.

Donc la création du monde physique est l’œuvre de Dieu. Mais pour que le monde physique se maintienne, Dieu a du s’en rendre absent. Toutefois de ses hauteurs il continue à créer et à faire évoluer cet univers, notamment à travers la vie, pour une fusion finale du temporel et de l’intemporel, du manifesté et du non manifesté. A ce titre l’homme a un grand rôle à jouer, et s’il doit s’occuper tout d’abord de lui-même et de la terre, il sera amené également à s’occuper du reste de l’univers et des civilisations qui s’y trouvent.
Si l’absence de Dieu dans la création a laissé une place pour le développement des forces contraires, celles-ci ne sont toutefois pas de nature matérielle. Mais à travers le vivant et notamment l’homme elles peuvent établir un pouvoir sur la matière et les forces qui composent cet univers. C’est là purement et simplement un détournement de la vie et de l’évolution. Ce monde porte donc cette empreinte, ce que Dieu lui-même nomme l’univers « rebelle », de manière beaucoup plus visible que l’empreinte du Créateur, Lui-même restant involué à travers les lois qu’il a inscrites dans la matière. La plupart des écoles gnostiques semblent avoir été prise dans l’apparence du démiurge et des pouvoirs qu’il a établi sur le monde. Mais ce démiurge n’est là aussi qu’une duperie du monde rebelle. Et si l’on cesse de regarder cet aspect là des choses, et que l’on ne regarde plus que l’œuvre divine, la création apparait d’une beauté époustouflante à travers laquelle peut se refléter notre âme elle-même.

Mais il ne faut pas se contenter de construire un système de compréhension intellectuel sans se donner aussi la possibilité d’expérimenter. Pour cela j’encourage toujours toute approche qui permette d’expérimenter la nature divine, sachant que de toute manière, cette expérimentation, aussi profonde soit-elle, sera toujours relative, car l’ineffable ne peut être saisi dans sa globalité, étant même au-delà de toute globalité. Si ce n’était le cas, cela voudrait dire alors qu’il est limité. Ce que je veux dire c’est qu’une globalité quelconque possède forcement une limite, et alors on peut se demander ce qu’il y a au-delà de cette limite, un Dieu circonscrit dans une globalité ne pourrait être l’ineffable dans sa totalité, mais seulement une partie. Retenons cela à l’esprit, aucun ne peut rendre compte de la totalité, ni moi, ni même aucun des plus grand sages, tout ce que nous pouvons faire c’est l’approcher.

Et dans cette approche nous allons différencier le manifesté du non-manifesté. La limite entre les deux est bien définie et constitue celle qui existe entre ce qui est créé et ce qui est Le Créateur. Le Créateur présente une constante à tous les niveaux de lui-même, et en même temps des variantes en sa propre nature, cela étant à la fois relatif à cette nature, et au sujet qui appréhende celle-ci. De part ce fait, tous ceux qui prennent contact avec le Créateur rendront compte d’un certain nombre de constantes, mais aussi de différences. Le manifesté, lui, comprend tout l’univers et la création dans laquelle nous sommes, mais aussi toutes les dimensions plus ou moins subtiles, plans etc. qui lui sont rattachés. Bien que dans le non-manifesté on trouve également des mondes, des plans, des dimensions diverses, celles-ci font partie en substance de la nature même de l’absolu. Elles échappent à toutes les lois que nous connaissons de la manifestation. Et puis, existe des domaines d’intersection, étant liés à la fois au manifesté et au non manifesté. Comme on peut le voir tout ceci reflète une certaine complexité. Sur un plan humain nous retrouvons l’expression de ces différents aspects dans le microcosme individuel, celui-ci étant principalement à l’image du macrocosme, tout en intégrant dans l’individualité elle-même un élément absolu purement transcendant. Mais la sphère même de l’absolu est au-delà du microcosme et du macrocosme, des états psychologique, de tout ce que nous connaissons, et même de la création. Mais prisonnière du microcosme est la particule divine.

Car en ce monde le Divin n’est pas en toute chose. Sa sphère propre est « ailleurs ». Et s’Il se trouve sous un état involué dans la matière, cela ne veut pas dire présent. Dit autrement, tout ce qu’il y a de réel dans la création vient de Dieu, donc est Dieu, mais sous quel état ?! Un état tellement éloigné de l’état originel, que le présenter en étant le Divin serait un mensonge intellectuel. Seul celui qui a réalisé le Divin en lui peut voir le Divin là où il est dans la manifestation. Le Divin, ni ne contient, ni ne pénètre l’univers humain, ou si peu. Cela est encore en devenir.

J’utilise parfois le terme de « substance » lorsque je parle de la nature divine. Mais en sa nature propre le Divin est plus qu’une substance, la substance n’en est que l’effet palpable que l’on goûte au travers de l’une de ses expressions. Chacun de ses modes d’expression est un processus de développement de Lui-même dans une lumière, une intelligence, une créativité, un parfum, une force d’amour etc. qui sont inhérents aux plans de l’absolu d’où le processus tire sa source. Il faut préciser aussi que le Divin répond à l’être en nous parce que l’être en nous répond au Divin.

Il n’y a pas de lien direct entre le Divin ou la nature de l’Être d’une part, et le mental, qui font partis de modes d’expression de deux domaines différents. Nous avons déjà exprimé que toute tentative de description ou de rationalisation de la nature de l’Être, du Divin, de l’Absolu, resteront forcement réductrices, et il ne peut y avoir d’évolution du mental vers le Divin. Il faut le voir plutôt comme une mutation. Par exemple dans l’expression Supramentale le pouvoir vient d’en haut, pas d’en bas, l’homme ne monte pas, c’est le Divin qui descend, même s’il finit par le faire monter aussi. Ainsi le pouvoir englobera même les êtres dénués de sphère mentale ou surmentale s’ils le permettent. Ou bien pour ce qui est de l’expression divine passant par le processus de la kundalini, si elle est ascendante, celle-ci ne fait que traverser la sphère mentale, brisant au passage quelques nœuds de cristallisations pour plonger ensuite dans la sphère divine. Le pouvoir de la kundalini et son développement sont un vieil héritage des acquis spirituels de l’humanité passée, mais parfaitement intégrés dans les processus actuels. Nous parlons ici uniquement des formes de kundalini divines. Quelle que soit la substance/Force de l’Etre que nous pouvons vivre au travers d’un processus d’expression divine, celle-ci est déjà une extériorisation du Divin dans le manifesté.

On peut aussi se poser la question sur les attributs de Dieu. La liberté par exemple. Elle n’a pas de sens en Dieu ou tout est tellement unitaire, fondu, immuable. La liberté de quoi, et par rapport à quoi ! Dieu est au-delà de la liberté, Il est Le Libre par excellence. Il est au-delà de l’amour car il est l’Aimant etc. Une chose m’étonnera toujours aussi, car lorsque l’on plonge dans la nature la plus absolue, au sommet de tous les processus Divins et que l’on s’y fond, on retrouve toujours le même parfum indifférencié du Suprême, c’est-à-dire sans différentiation entre un processus ou un autre. Pourtant à chaque fois de la source absolue ce parfum unique engendre un processus créateur différent, ainsi je l’ai vu souvent créer de rien, de Lui-même, quelque chose.

La différence entre la nature de l’être dans l’âme personnelle et la nature de l’Être du Divin Lui-même est que le Divin n’a pas de forme. Mais Il peut se manifester de manière personnelle et individualisée s’Il le souhaite, car il porte en Lui le Un. Et s’il prend une forme, elle n’est qu’apparente car elle reste liée à la totalité de l’absolu, elle n’en est qu’un prolongement. Même le Christ dans l’homme n’est qu’un prolongement du Dieu total et sans limite.

Ainsi que la forme soit Christique, Supramentale, Bouddhique (c’est-à-dire dans une forme divine qui caractérise l’essence même de l’éveil), qualifiée de Sat-Chi-Ananda ou autre, c’est toujours le même absolu qui existe pour lui-même dans une unité fondamentalement omniconsciente et omnipotente, directrice, créatrice, aimante, libre et individuelle, c’est bien le sens du mot « Un ». Un Être qui peut présenter une infinité de manifestations mais qui dans celles-ci reste un tout fondamental sans distance ni séparation de chaque partie de lui avec lui-même, présent éternellement à sa propre présence en tout point de lui-même et constituant son propre tout, en dehors duquel rien n’existe et est totalement seul, « Un » et indivisible en sa propre essence, n’est-ce pas le sens absolu du mot Individuel ? Ainsi l’individualité est bien un attribut de Dieu, et on retrouve celle-ci dans l’expression de l’Intelligence et de la Vérité lorsqu’elles s’expriment à travers n’importe quel esprit. Pour que cette individualité disparaisse, il faudrait que tous les éléments qui nous composent se fondent dans le tout, corps, âme et esprit. Les faits révèlent que cela n’arrive pas, même chez ceux qui en ont parlé. J’en témoigne, Sakyamuni, Jésus, Vallalar, Ramana Maharshi, Kalu Rimpoché, Jidu Krishnamurti, Sri Aurobindo ou La Mère…, on pourra s’étonner d’une telle énumération, mais dans le Ciel rien n’est séparé et l’on peut aisément retrouver un être pour qui l’on connait déjà une vibration. La spiritualité est universelle, c’est l’homme qui la morcelle créant les dogmes et les religions. Ceux-là et d’autres moins connus je les ai croisé au gré de mes voyages après qu’ils aient quitté cette terre, là où ils ont bien voulu se montrer et tous conservent une forme d’individualité. On entend dire parfois que plus l’on rentre dans une transcendance, fut-elle la plus absolue, ou éternelle par rapport à quoi que ce soit de manifesté, de phénoménale, et moins l’individualité a de sens. Mais cela n’est vrai que dans le sens restrictif du terme, si l’on considère l’individualité humaine qui manifeste la forme et l’histoire, celle qui est projective, tout simplement l’identité arbitraire. Car c’est exactement l’inverse qu’il se passe. Mais tout en étant individuel l’Absolu est aussi le tout, l’Étalé, là où l’Alpha et l’Oméga se rejoignent, là où les extrêmes ne font qu’un, le lieu de tous les paradoxes.

Lorsqu’Il nous parle, à notre individualité humaine, au plus profond de notre intimité, c’est individuellement qu’Il s’adresse à nous, Il peut apparaître comme une entité propre mais qui n’a pas de corps, qui est Être pur. Et en même temps Il révèle sa majesté qui est d’être au-delà de toute forme, tout concept, toute limite, on ne peut l’enfermer dans un schéma, au moment où on croit le saisir Il se révèle encore plus profond, plus au-delà que tout ce que l’on a pu croire, c’est chaque fois un vertige que la conscience humaine ne peut appréhender, mais que l’âme comprend alors dans la reconnaissance de sa propre nature, car cela nous construit alors, mais les mots sont bien faibles pour en témoigner.

Imaginez. Je me rappelle cet exercice mental que l’on utilisait pour se représenter les dimensions de l’univers. Si le soleil est une orange, la terre est une tête d’épingle située à plusieurs mètres etc., vous connaissez ?

Maintenant imaginez un univers infiniment vaste, bien qu’il ait une limite. Et bien tout cet univers n’est qu’une particule infiniment petite perdue dans la substance de Dieu, et dans cette infinie grandeur je n’en ai pas trouvé d’autres, d’univers physique j’entends. Mais cette infinie grandeur n’est rien face à une grandeur encore plus vaste etc. J’ignore si la création physique est unique en son genre, mais la dimension divine est tellement plus vaste et riche que cet univers que l’on se demande quel intérêt Dieu pourrait avoir pour lui, et pourquoi il a fait cela. Pourtant il y porte autant d’attention et d’intérêt qu’en ses autres demeures. J’ai approché toutes sortes de dimensions de l’absolu. Et même un domaine de l’Absolu de pure Etreté où l’amour infini nait d’une Enstase de Dieu en Lui-même, ou d’autres choses encore au-delà, en deçà etc. Et là comme ailleurs, dans toutes les dimensions divines, la Parole divine semble surgir de partout et de nulle part comme s’il s’agissait de son propre centre, mais Dieu n’a pas de centre bien sûr, il est partout, dans tous les aspects de sa nature. Et chaque fois qu’on le regarde en face il nous révèle une de ses merveilles qualitatives.

On me demande parfois si le Suprême dans son essence n’est pas impersonnel ou suprapersonnel ? Suprapersonnel, j’aime bien ce mot, c’est bien cela, et personnel en même temps, s’il a pu créer la forme c’est bien parce qu’il porte aussi cette capacité créatrice-là. Ses attributs sont multiples, il est le tout, c’est notre vision limitée qui nous empêche de voir ses différents aspects de manière unitaire. Mais si vous unifiez en vous le personnel et l’impersonnel, dans l’âme, vous pourrez peut-être en appréhender le sens. L’Etre transcendant et l’Etre manifesté immanent sont Un. Mais ils n’occupent tout simplement pas le même domaine, le dernier étant l’émergence du premier dans la manifestation. Dieu m’a montré comment il faisait pour créer la matière, la lumière, les mondes, les différentes parties de lui dans l’univers, dans les trous noirs, et dans le cœur de l’homme, les anges, tout cela je l’ai vu, tout le grand dessein divin de l’univers, et notre place.

En tant que Créateur il pourrait tout faire, même dissoudre en cet instant cet univers, ou choisir une autre créature que l’homme pour le manifester etc. Alors personnel ou impersonnel, il porte tous les états. Et si l’individualité qui nous caractérise est un don Divin, car sans elle aussi il ne pourrait y avoir de liberté, il ne pourrait y avoir non plus d’amour, de créativité ni d’expression divine. Dieu n’a pas de centre et se trouve au-delà de l’espace et du temps, mais en même temps imaginez l’énergie qu’il doit contenir pour avoir pu créer cet univers, il est le premier matérialiste. Ce devrait donc être bien peu de chose pour lui de se manifester d’une manière ou d’une autre. On peut alors se demander pourquoi il ne le fait pas plus souvent, notamment dans l’homme qui lui sert de lien. Mais il y a des raisons à cela que je ne développerai pas ici.

La difficulté est donc de mettre tout cela en mots, pour moi de témoigner, pour vous de comprendre, sentir, vous élever, pour l’humanité d’accepter qu’elle doit sortir de son néant pour atteindre les Lumières et accomplir sa vocation. Je dis cela en toute humilité, je suis votre serviteur. Le but de cette création est de la fondre un jour dans le Suprême sans qu’elle perde sa beauté existentielle. L’univers lui-même rentrera dans l’éternité. Qu’est-ce qu’il sera alors et que seront ses lois, je l’ignore.

Le sens de la vie n’est pas un éternel recommencement. Le sens de la vie est la vie elle-même, elle est l’essence même du Seigneur qui insuffle celle-ci à tous les niveaux de la création, chaque fois qu’il s’y introduit d’une manière ou d’une autre, car la vie est Lui-même. L’orgueil de l’homme se l’approprie, mais notre vie, celle que nous portons en notre chair et notre âme n’est pas séparée de Lui. La vie est un lent processus d’évolution de la matière inerte vers sa source créatrice, qui est l’organisation du chaos, de l’incréé, par le créateur, vers une perfection où les deux seront parfaitement modelés l’un sur l’autre, comme le pot qui est modelé autour de son propre vide, afin que sa fonctionnalité soit parfaite. Ce qui revient à nous poser la question de la fonctionnalité de la création, donc de la vie qui l’habite. L’on ne peut répondre à cette question que si l’on sort de sa petite vie personnelle, pour voir la vie et l’évolution dans son ensemble, aussi loin que nous le permet notre nature, c’est-à-dire par le regard de Dieu Lui-même. La création apparaît alors comme faisant partie du processus d’évolution du Créateur lui-même, car même s’il est immuable en sa nature, Dieu n’est pas statique comme certaines traditions veulent nous le faire croire mais profondément évolutif, il porte l’évolution en lui-même et à ce titre il est dans sa nature de créer, dans l’inconnu permanent, l’amour, et la vie, rien ne se crée hors de lui-même. Mais la transformation, vue de notre regard, se fait dans la forme.

Et ce qui est au-delà du temps et de l’espace, même s’il porte une forme dynamique et évolutive, demeure en permanence dans la stabilité et le silence de l’innommable. Ce n’est d’ailleurs pas la même forme et dynamique que celle que l’on rencontre dans la création, inutile donc de chercher à se la représenter, car ses lois en sont différentes. Mais Dieu a sa propre profondeur, et qui dit profondeur dit changement, une profondeur tellement inimaginable que la vision de la création tout entière qui n’apparaît plus que comme une particule infinitésimale a de quoi donner le vertige. Mais à la dimension de Dieu nul problème, et les dimensions sont tout à fait relatives, l’esprit peut devenir aussi vaste que cela, aussi profond que Dieu, ou aussi infinitésimal qu’une particule. Celui qui rompt la séparation d’avec l’absolu devient celui-ci. Le reste de l’individualité reconnaissant sa propre origine se soumet, mais non pas la soumission qui se laisse dominer, mais celle qui s’abandonne au Souffle parce que ce Souffle-là est l’essence de Soi et sans ce souffle nous devenons mortel, l’autre penchant de la vie qui n’est en fait que l’absence de vie, l’ignorance.

Si vous envisagez la finalité divine, l’union du Créateur avec sa Création, ceci n’est pas pour demain, et d’ici là l’univers entier aura évolué vers quelque chose que l’on ne peut imaginer encore. Mais ce n’est pas un pralaya tel que l’hindouisme nous le présente, cette vision est là aussi conditionnée par le monde rebelle qui présente les choses ainsi car cela sert ses desseins. Dieu me montra cela ainsi, et je le relate plus en détail dans certains textes, il crée une dimension, ici notre univers, à partir de sa propre absence, puis s’y rend présent, d’abord à travers une créature, ici l’homme, dont le devenir est de faire le lien entre cette dimension et le Divin. Puis le Divin s’installe petit à petit dans sa création tout en lui conservant sa forme et sa particularité, tout en la perfectionnant. Et lorsque la fonctionnalité de sa création est complète, que l’unité est totale, il la sublime en Lui-même, elle devient une dimension divine. Là est la destinée de notre création. Si vous réalisez votre propre éternité, vous serez toujours là pour le voir, et vous participerez entièrement de cet évènement. D’ici là, tout ce qui se trouve d’intermédiaire entre le monde physique et le monde divin, et qui n’est que le produit de la séparation entre Dieu et sa création, tout cela aura disparu.

Retrouveriez-vous la vue que vous souhaiteriez redevenir aveugle ? Ou bien découvrir les merveilles de la Lumière et la beauté de ses couleurs. Mais ces couleurs-là sont essentielles pour donner le Sens, il n’y a alors plus de question sur celui-ci, cela parait tellement évident, que l’on en oublie presque que l’aveuglement ait existé, si ce n’est par le rappel constant de ceux qui s’efforcent à y rester. Il n’y a plus alors de service, mais seulement le mouvement de la Nature, la nature de l’essence bien entendu, qui reste au service car l’amour est don, sans que le don ne se rende vraiment compte de sa qualité exceptionnelle, étant devenu la norme même de la Vie.

Et je finirai par ces quelques paroles de Dieu Lui-même qui illustrent parfaitement mon propos… Une belle journée à vous…

  • « Je t’ai donné ce corps pour que tu voyages à travers les mondes.
  • Je t’ai donné des yeux pour émerveiller ton âme.
  • Je t’ai donné le souffle pour que les nectars les plus merveilleux coulent en toi.
  • Je t’ai donné le son pour que de ta voix sortent les paroles d’amour les plus merveilleuses.
  • Je t’ai donné un cœur pour que battent en toi les battements de Mon cœur.
  • Je t’ai donné le sang pour que s’écoule la vie, celle qui fait de toi une créature, matérialisation de toutes substances, des fluides et des nectars, poussières des constellations.
  • Je t’ai donné une âme, miroir de Mon âme, creuset de l’amour, creuset de la transfiguration.
  • Je t’ai donné l’immortalité, parce que le temps n’existe pas, parce que le tout est de toute éternité.
  • Parce que tu es ma perfection,
  •  Parce que tu es amour et que l’amour n’est que lumière. »
  • (Message de Dieu reçu par Coline le 11 août 2006)

     

(c) 2011 - Jean-Michel Jutge – Extrait de « Le devenir de la terre… » – Tous droits réservés.

     

     

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picture En tant qu'enseignant de yoga Jean-Michel Jutge a reçu différentes formations. Diplômé de l'école provençale de yoga en France et de l'école "The world community service centre" de Kaya Kalpa yoga en Inde, il a également reçu les enseignements du yoga de l'énergie issus de Lucien Ferrer, du hatha yoga de Désikashar, du Kriya yoga de Babaji, du yoga intégral de Sri Aurobindo et d'autres formes de yogas et spiritualités. Son éveil de kundalini en 1979 constitue le point de départ d'une révolution spirituelle qu'il cherche depuis à partager. Voir plus d'article de :

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