Introduction à l’Agenda de Mère
Par Eveil-fr.com le 1, janvier , 2007 avec 2 Commentaires
Depuis Darwin, l’on sait comment ont évoluer les espèces et comment l’homme est apparu. Après le stade minéral puis végétal et animal, survient l’homme celui de la raison, le stade « Mental ». Mais cet « animal pensant », si imparfait, NE PEUT PAS être le but de ces milliers d’années d’évolution. Une nouvelle mutation est en cours, le passage à un nouvel être aussi radicalement différent de l’homme actuel que nous l’étions du singe.
« L’homme n’est pas le sommet du processus évolutif, l’évolution continue et l’homme sera dépassé. » Ceci est le thème central de l’oeuvre de Sri Aurobindo qui, retiré à Pondichéry de son action révolutionnaire contre le Gouvernement britanique, avait déjà entrevu, dès 1914, un changement de société. Il avait décrit comme un passage à un nouveau cycle humain, mettant en lumière l’évolution en cours. « Ce n’est pas seulement une révolte contre l’empire britanique qui est nécessaire mais une révolte contre la nature toute entière. »
Rejoint par Mère en 1920, ils vont tous deux non seulement décrire mais faire l’ EXPERIENCE de cette aventure de la nouvelle espèce. Celle-çi commence par un renversement de conscience, un changement de regard qui boulverse complètement nos point de repères habituels. Ce n’est pas dans une recherche mystique vers les plus hauts sommets éthérés des pics de l’ Esprit que s’opère cette « transformation » mais par une descente, au plus profond de la Matière à l’extrème limite de la substance corporelle, dans les cellules humaines ca c’est à ce niveau-là que se fait l’exploration. En 1950, Sri Aurobindo « quite son corps », selon l’expression indienne, et passe de l’autre côté du voile de la mort. Restée seule, Mère entreprend le travail de pionnier qui lui a été laissé: préparer dans son propre corps la mutation qui fera passer l’homme actuel à la prochaine espèce. Satprem, un écrivain français, vivra auprès de Mère pendant 20 ans; il recueillera son témoignage et transcrira son expérience quotidienne d’un nouveau fonctionnement du corps humain. Ces conversations entre Mère et Satprem constituent les 13 volumes de l’Agenda de Mère et décrivent avec précisions cette recherche pas à pas dans la conscience des cellules. C’est un premier document de l’évolution qui montre le passage d’un spécimen de l’ancienne espèce vers la nouvelle.
Sri Aurobindo
Sri Aurobindo est né le 15 août 1872 à Calcutta. Il fait ses études en Angleterre. Diplomé de Cambridge, il revient en Inde à l’age de vingt ans, habité par une vocation politique: participer au réveil national de son pays qui ploie alors sous le joug britannique. Il sera l’un des premiers artisans de l’indépendance de l’Inde.
En 1910, poursuivi par la police anglaise, il doit se réfugier en territoire français, à Pondichery, qu’il ne quiterra plus. Il s’y consacre à la recherche intérieure qu’il avait déjà commencée parallèlement à son combat politique: la « descente » à la racine du problème humain, dans la conscience cellulaire.En 1950, il quittera son corps, donnant à Mère, sa compagne, la tâche de continuer son oeuvre.
La Mère
Née à Paris le 21 Février 1878, Mirra Alfassa fait des études appronfondies du piano, de la peintures et des mathématiques supérieures. Elève de Gustave Moreau, elle est l’amie des grands impressionnistes. En 1914 elle se rend à Pondicherry où pour la première fois elle rencontre Sri Aurobindo. Petite fille, elle avait déjà d’étranges expériences dans les temps passés de l’histoire et peut-être dans l’avenir; elle rencontra Sri Aurobindo « en rêve » dix ans avant de le rencontrer physiquement à Pondicherry. C’est en 1920, après un long séjour au Japon, qu’elle vient s’installer définitivement auprès de Sri Aurobindo qui, selon la coutume indienne, l’appelle Mère, et la chargera de continuer son oeuvre. De 1958 à 1973, Mère se consacre à trouver ce passage à un nouveau mode d’être sur la terre. En 1968, elle fondera Auroville, à quelques kilomètres de Pondichéchy, comme un «laboratoire de l’évolution nouvelle». C’est tout l’histoire de l’Agenda. Satprem
C’est aussi le hasard qui conduisit Satprem à Pondicherry pour la première fois. Né à Paris, en 1923, mais de souche bretonne, il avait passé le plus clair de sa jeunesse en mer, à naviguer en solitaire.En 1946, encore profondément meurtri par les camps de concentrations nazis dans lesquels il venait de passer un an et demi pour avoir appartenu à un réseau de Résistance français, il viendra occuper un poste dans l’administration du territoire français de Pondicherry, au Cabinet du gouverneur François Baron. C’est à ce moment là qu’il rencontrera Sri Aurobindo et Mère pour la première fois. Après plusieurs aventures qui le conduiront en Guyane, au Brésil et en Afrique, il reviendra s’installer définitivement auprès de Mère en 1954, deviendra son confident et témoin, notant jour après jour les expériences qu’elle lui confiait et qui constitueront le formidable « carnet de bord » – l’Agenda de Mère – du cheminement vers une prochaine espèce après l’homme.Après le départ de Mère, en 1973, il devra quitter un ashram incapable d’accepter la révolution contenue dans cet Agenda et se battra très douloureusement pour en assurer la publication intégrale en France. Après des années consacrées à écrire et à tenter d’expliquer la révolution que Sri Aurobindo et Mère représentent pour l’espèce, Satprem vit maintenant retiré, ayant choisi de mettre en pratique sur lui-même, les découvertes de Sri Aurobindo et de Mère.
Note topographique
Après le départ de Sri Aurobindo (1950) et jusqu’en 1957, nous n’avons guère que quelques notes et fragments ou de rares textes notés de mémoire. Ce sont les seuls jalons de l’époque, avec les Entretiens de Mère au Terrain de Jeu de l’Ashram. Quelques-uns de ces Entretiens ont été reproduits ici, dans la mesure où ils marquaient des étapes de L’Action supramentale.
A partir de 1957, Mère nous appelait deux fois par semaine dans le bureau de Pavitra, le plus ancien disciple français, au premier étage de l’Ashram, sous quelque prétexte de travail, et Elle écoutait nos questions, nous parlait longuement du yoga, de l’occultisme, de ses expériences passées à Tlemcen ou en France, ou de ses expériences actuelles: peu à peu, Elle ouvrait l’esprit de l’Occidental matérialiste et rebelle que nous étions et nous faisait comprendre la loi des mondes, le jeu des forces, le mécanisme des vies antérieures – surtout ce dernier point qui occupait une place importante dans les difficultés avec lesquelles nous nous débattions alors et qui nous faisaient périodiquement prendre la fuite. Mère était assise dans ce fauteuil un peu médiéval au haut dossier sculpté, les pieds sur un petit tabouret, et nous étions là, par terre, sur ce tapis un peu décoloré, conquis et séduit et révolté et jamais satisfait – mais tout de même très intéressé. Des trésors ont été perdus, jamais notés, jusqu’au jour où, après des ruses de Sioux, nous avons réussi à faire admettre à Mère la présence d’un magnétophone. Mais même là, pendant longtemps, Elle faisait soigneusement effacer ou barrer dans nos notes tout ce qui la concernait un peu trop personnellement – quelquefois nous lui avons désobéi.
Et finalement nous l’avons convaincue de l’intérêt qu’il y avait à garder un historique de la route.
Ce n’est donc qu’à partir de 1958 que nous commençons à avoir les premières conversations sur bande magnétique, qui constitueront l’Agenda de Mère à proprement parler. Mais là encore, beaucoup de ces conversations ont disparu ou n’ont été que fragmentairement notées. Ou bien nous estimions que nos propres paroles ne devaient pas figurer dans ces notes et nous omettions soigneusement toutes nos questions – ce qui était absurde. Personne ne savait alors, ni Mère ni nous-mêmes, que c’était » L’Agenda » et que nous allions à la découverte du » Grand Passage « . Peu à peu seulement, nous avons pris conscience du vrai caractère de ces rencontres. En outre, nous étions perpétuellement » en voyage « , si bien qu’il y a de grands trous. En fait, pendant sept ans, Mère préparait patiemment l’instrument qui serait capable de traverser l’aventure sans casser en route.
A partir de 1960, l’Agenda prendra sa tournure définitive et se développera pendant treize ans, jusqu’en mai 1973, emplissant treize volumes (quelque six mille pages), avec un changement de cadre en mars 1962 au moment du grand Tournant du yoga de Mère lorsqu’Elle se retirera définitivement dans sa chambre d’en haut, comme Sri Aurobindo en 1926. Les entrevues auront lieu alors dans cette grande chambre au tapis de laine dorée, comme une cabine de navire au milieu des frondaisons du flamboyant jaune et des cris des corbeaux. Mère était assise dans ce fauteuil en bois de rose, le visage tourné vers la tombe de Sri Aurobindo, comme si Elle usait les distances qui séparaient ce monde du nôtre. Sa voix était devenue comme celle d’un enfant, on entendait son rire. Elle riait toujours, cette Mère. Et puis ses longs silences. Jusqu’au jour où les disciples nous ont fermé sa porte. C’était un 19 mai 1973. Nous ne voulions pas y croire. Elle était seule, comme nous étions seul tout à coup. Il allait falloir découvrir lentement, douloureusement, le pourquoi de cette coupure. Nous ne comprenions rien aux jalousies de la vieille espèce, nous ne comprenions pas encore qu’ils devenaient les « propriétaires » de Mère – de l’ashram, d’Auroville, de Sri Aurobindo, de, tout – et que le nouveau monde allait être escamoté dans nouvelle Eglise. Et soudain, ils nous faisaient découvrir pourquoi un jour, Elle nous avait tiré de notre forêt et avait choisi confident un irrémédiable rebelle.
Satprem.
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Commentaires (2)
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On vit d’entraide.
Et je n’ai jamais trouvé
quelque chose de plus intelligent
à dire sur l’humanité.
Shanti
Bonjour
Je suis entrain de lire l’Agenda n°8 (année 1967), j’ai commencé la lecture de ce que j’appelerai le plus beau et important don qui fut fait à l’humanité, au début de l’année dernière, rien ne m’a “percutée” comme ces Agendas, jamais rien ne n’a provoqué une telle résonnace et pourtant Dieu sait si j’en ai lu des écrits sur l’Eveil comme le Papillon Noir de Richard Moss, que vous mentionnez. Mais là, pour moi et C’est ça et pas autre chose. Il m’arrive parfois de vivre ces agendas plus encore que je ne les lis… quelque chose qui me questionne et la réponse et là…. c’est une expérience interactive et passionnante.