Les planeurs
par Eveil-fr.com le 3, août , 2008 à 10 h 05 min


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Peu avant de disparaître, dans son dernier ouvrage, Castaneda se laisse aller à la confidence, à savoir l’existence d’un parasite psychique, de nature non organique qui traiterait l’être humain comme du bétail : les « flyers » ou « planeurs ». Ceux-ci ont une existence objective pour les chamanes de la tradition toltèque et nous pouvons les voir dans certains états de conscience que les chamanes apprennent à force de ténacité et de discipline: « Les sorciers de l’Ancien Mexique… ont découvert quelque chose de transcendant… Ils ont découvert que nous avons un compagnon de vie. Venu des profondeurs du cosmos, un prédateur est là, qui toute notre vie nous maintient sous son emprise. Il a su nous rendre faibles et dociles. Il étouffe toute velléité de protestation ou d’indépendance et nous empêche de vivre librement ».

Que sont-ils ? Ces « lourdes ombres noires » comme les appelle Castaneda sont des entités parasitaires d’une autre dimension qui consomment certaines de nos émotions humaines comme nous consommons de la nourriture. Ils se délectent de ce que les sorciers mexicains perçoivent chez nous comme étant « une couche brillante de conscience … C’est pourquoi nous étions une proie facile pour le mode de conscience différent, plus pesant du prédateur …

Cette étroite bande de conscience était le siège de l’auto-contemplation dans laquelle l’homme était irrémédiablement piégé » affirme Don Juan à un Carlos Castaneda stupéfait. Ces « flyers » cultivent chez l’homme des émotions dont ils sont friands, cette manière dont notre mental travaille, centré sur lui-même. « Ils ont besoin de nous pour se nourrir et c’est pour cela qu’ils nous pressurent implacablement » affirme également don Juan à Castaneda. « Exactement comme nous qui élevons des poulets pour les manger, ils nous élèvent dans des poulaillers humains pour ne jamais manquer de nourriture ».

Comme ils se délectent de nos peurs, de notre agressivité, ils les cultivent et les suscitent en nous prêtant leur mode de fonctionnement. Voilà ce qu’en dit encore don Juan : « Ce sont les prédateurs… qui nous ont imposé nos systèmes de croyance, nos idées sur le bien et le mal, nos mœurs sociales. Ce sont eux qui suscitent nos espoirs et nos attentes, nos rêves de succès ou notre peur de l’échec, eux encore qui insufflent dans notre esprit convoitise, avidité et lâcheté et qui le rendent prétentieux, routinier et égocentrique… Ils ont accompli une manœuvre extraordinaire, extraordinaire bien sûr sur un plan stratégique, mais horrible du point de vue de ceux qui en sont victimes. Ils nous ont donné leur esprit ! Tu m’entends ? Les prédateurs ont remplacé notre esprit par le leur qui est bizarre, incohérent, grincheux, et hanté par la peur d’être percé à jour…  »
(Carlos Castaneda, « Le voyage définitif » Editions du Rocher 1998).



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