L'âme des animaux
Par Varuna le 3, octobre , 2007 avec 3 Commentaires
Extrait du livre de Jean Prieur
Homo rapiens *
( Rapiens, participe présent du verbe rapio qui signifie tout à la fois : mettre la main sur, entraîner de force, arracher, ravir, voler, mettre au pillage, faire mourir. )
En refusant l’âme à l’animal on en fait un objet. Dès lors, tout est possible. Il plaît : on l’achète. Il cesse de plaire : on le jette à la poubelle ou à la rue.
Pour l’homo rapiens, l’animal n’est pas une âme, mais, selon les cas, une machine à œufs, une machine à fourrure, une machine à lait, une machine à viande ; de toute façon, une machine à souffrance.
Mais l’homo rapiens, redoutable machine à tuer, est lui-même saisi dans l’engrenage karmique. Le sang du bouc émissaire est retombé jusqu’à notre époque sur le malheureux peuple juif, devenu le bouc émissaire des nations. Les horreurs des arènes romaines, où l’on suppliciait autant les animaux que les hommes, ont déclenché les horreurs des multiples sièges de Rome. Il existe une mystérieuse et terrible relation entre les plazas de toros et les atrocités des guerres d’Espagne ( celle de Napoléon et celle de Franco ). Même relation entre l’élevage en batterie et les camps de concentration, entre les massacres des guerres totales, entre la vivisection et la torture scientifique, trois spécialités de ce vingtième siècle qui a surpassé en abominations tous ses prédécesseurs. L’interminable guerre d’Afghanistan oppose justement deux pays où l’on produit l’astrakan, fourrure obtenue en battant interminablement la brebis caracul pour la faire avorter et en écorchant vifs les agneaux nouveaux-nés.
Comment faire comprendre à nos contemporains cette loi implacable de l’action-réaction, cet effet boomrang de la cruauté ? Quand remarquera-t-on que toutes les atrocités commises par les inhumains retombent sur eux en pluie de flammes : Pentecôte infernale. Puisse le Canada ne pas payer un jour pour les petits phoques écorchés à vif !
Cependant, je ne pense pas que tout soit perdu et le catastrophisme n’est pas mon genre. Je vois au contraire de nombreux signes encourageants. Une élite du cœur surgit un peu partout. Sur toute la planète, des gens admirables viennent efficacement au secours de la faune sauvage en détresse, portent du fourrage aux cervidés à la mauvaise saison, nettoient les oiseaux mazoutés, parcourent la vallée avant la mise en eau d’un barrage pour déterrer les marmottes endormies, recueillent les petits singes dont les braconniers ont tués les parents, marquent de rouge les bébés phoques de façon à rendre leur fourrure inutilisable, recherchent les animaux blessés, perdus, abandonnés et leur rendent la joie de vivre.
Des associations, tout aussi admirables, s’emploient à mettre en évidence la misère animale et les moyens d’y remédier. Les aider de notre temps et de notre argent est notre devoir… et de notre intérêt. La malédiction qui pèse sur l’humanité sera seulement levée quand celle-ci aura enfin compris que ses malheurs séculaires sont la contrepartie de sa férocité à l’égard du monde animal.
Dis-moi comment tu traites les animaux et je saurai qui tu es.
« Pour juger une civilisation, une religion, une philosophie, un être humain, il existe une pierre de touche : leur attitude vis-à-vis du monde animal. Avec l’animal, en effet, on est dans le domaine de l’acte gratuit : « Le bien qu’on lui fait n’appelle aucune récompense, le mal qu’on lui inflige reste, dans la plupart des cas, impuni ; avec lui on peut tout se permettre. Les actes concernant l’animal sont du ressort de la morale sans obligation ni sanction. »
Cela était dit dans Zarathoustra, homme de lumière ( Laffont ) et le présent livre en est, en quelque sorte, le développement.
La souffrance animale a quelque chose d’obsédant. Je sais qu’on va m’objecter : et la souffrance humaine ? Mais les deux sont liées, le destin de la bête est inséparable du destin de l’homme. Dans le domaine si riche des abominations, on commence toujours par la première pour finir par le second.
Un exemple : les produits de beauté ont été testés en premier lieu sur les yeux des lapins, puis on a continué sur des fœtus d’enfants qu’il est facile de se procurer depuis la multiplication des avortements. Voir le livre de Claude Jacquinot et Jacques Delaye : Les trafiquants de bébés à naître ( P.-M. Favre ) : Oui, des fœtus humains sont utilisés pour des expériences scientifiques et pour la cosmétologie.
La frontière entre le règne humain et le règne animal est si aisément traversée qu’un organisme aussi indispensable et important que la Coalition mondiale pour l’abolition de la vivisection a senti la nécessité d’étendre son action, et de modifier son sigle. C’est ainsi que la C.M.A.V. est devenue la Coalition mondiale pour l’abolition des expérimentations sur l’homme et l’animal.
De même, les Romains, qui ont détruit la faune sauvage d’Afrique du Nord pour remplir leurs arènes, n’ont pas tardé à jeter dans ces immenses creusets de souffrance des hommes, des femmes et des enfants. Et ce fut l’honneur des Grecs d’avoir toujours refusé d’implanter sur leur sol les cirques et leur torture-spectacle.
Avant de se convertir à telle ou telle religion, il faudrait s’assurer si dans ses commandements il est tenu compte des créatures non humaines, si les devoirs de l’homme à leur égard sont clairement indiqués et surtout si elle comporte des sacrifices d’animaux. L’égorgement des moutons va de pair avec l’excision des petites filles et la lapidation des femmes adultères.
Une philosophie qui passe sous silence le monde animal et son importance est comparable à un manuel de géographie qui, décrivant la Terre, ne parlerait que de l’Europe, en oubliant les quatre autres continents les plus peuplés et les plus vastes.
Il est remarquable que les philosophes qui réduisent à l’instinct l’intelligence et l’affectivité animales sont aussi ceux qui passent sous silence l’existence du corps subtil et la réalité du monde spirituel ; ils nous présentent une vision du monde aussi fragmentaire, aussi dépassée, aussi archaïque que le système de Ptolémée.
On parle aujourd’hui de nouvelle philosophie comme on parle de nouveau roman, de nouvelle cuisine ou de nouvelle lessive. En réalité, c’est toujours le vieux cartésianisme. Ce qui change, c’est l’emballage et le slogan qui l’accompagne.
Oui, les animaux ont une âme et tu mets la tienne en grand danger toi qui, l’été venu, jettes ton chien par la portière de ta bagnole ou qui l’attaches à un arbre au fond d’une forêt ; toi qui écorches tes lapins sans t’assurer qu’ils sont bien morts ; toi qui crèves les yeux d’un chat pour te venger de son maître ; toi qui crucifies la chouette sur la porte de ta grange ( il paraît que cela se fait encore ) ; toi qui pratique la magie noire aux dépens de poulets et de moutons. Et toi qui, en hiver, laisses ton bétail périr de faim et de froid pour toucher la prime d’assurance. Et toi qui voles chiens et chats pour les revendre aux laboratoires….
Et vous qui achevez à coups de fusil le cerf venu se réfugier dans la cour d’une maison privée. Et vous qui pendez des porcelets aux grilles des préfectures ; et vous qui, en temps de grève, laissez mourir de faim et de soif les bestiaux prisonniers des camions et des wagons de marchandises ; et vous qui, lors du conflit de Juillet 1973, qui vous mit aux prises avec les centres d’insémination artificielle, avez osé, avez pu mutiler des taureaux à l’aide de tronçonneuses à moteur…
Et vous autres, qui, fin Juillet 1990, dans les Deux-Sèvres, avez fait boire de l’insecticide à 94 moutons britanniques. Et vous qui, le 23 Août, dans le même département, avez brûlé vifs dans leur bétaillère 219 moutons de la même origine. Et vous qui, en Septembre, sur une place de Caen, avez arrosé d’essence deux petits veaux et craqué une allumette..
Arrêtons là ce martyrologe ; les animaux ont été tour à tour victimes de la religion, de la magie, de la superstition, de la chasse, du sadisme, de la mode, de l’art culinaire, de la science expérimentale, il fallait encore qu’ils fussent victimes des conflits sociaux.
Il y a vingt-sept siècles, un grand prophète nommé Zarathoustra dictait à ses contemporains les devoirs de l’homme vis-à-vis des éléments : terre, eau et feu qu’il fallait se garder de souiller, et proclamait une véritable charte des droits de l’animal. Et les esclaves séculaires se prirent à espérer… si l’on peut parler d’espérance ( ce qui implique toujours une tension vers l’avenir ) pour des êtres qui vivent uniquement dans la minute présente…
Mais s’ils n’ont ni la foi ni l’espérance, ils ont l’essentiel, c’est-à-dire l’amour, au sens le plus pur de ce mot.
L’amour humain est fragile, il est à la merci d’une parole maladroite, du plus léger froissement, d’une saute d’humeur.
L’amour animal est autrement plus solide. Quand il se donne, c’est pour toujours, c’est jusqu’à la mort et même au-delà, puisque les bêtes ont part à l’éternel revoir, puisque certaines sont revenues pour nous en assurer.
Finalement, il n’y a sur la Terre que trois amours dont on soit absolument sûr ; ce sont, en partant du sommet : l’amour divin, l’amour maternel et l’amour animal.
Le scandale de la souffrance animale en Asie
http://terresacree.org/scandale.htm
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Jiddu Krishnamurti
(1895 – 1986)
Maître spirituel
La paix ne d√©pend ni de l’homme politique ni de l’homme d’Eglise non plus que de l’avocat ou du policier. La paix est un √©tat d’esprit indissolublement li√© √† l’amour.
- Coupé de tout rapport avec la nature, on devient un tueur.
- Comment vivre sur cette terre sans tuer ou faire souffrir un autre ?
- La paix est un √©tat d’esprit indissolublement li√© √† l’amour.
Coupé de tout rapport avec la nature, on devient un tueur.
Si l’on perd le contact avec la nature, on perd le contact avec l’humanit√©. Coup√© de tout rapport avec la nature, on devient un tueur. On peut alors massacrer des b√©b√©s phoques, des baleines, des dauphins et des hommes, pour le profit, le « sport », pour sa nourriture ou au nom de la science. La nature se sent alors menac√©e par vous et vous prive de sa beaut√©e. Vous pourrez effectuer de longues promenades dans les bois ou camper dans des endroits merveilleux, vous resterez un tueur et tout rapport d’amiti√© avec ces lieux vous sera refus√©. Vous n’√™tes probablement proche de rien ni de quiconque, qu’il s’agisse de votre femme ou de votre mari. Vous √™tes bien trop occup√©, pris dans la course des profits et des pertes et dans le cycle de votre propre pens√©e, de vos plaisirs et de vos douleurs. Vous vivez dans les tr√©n√®bres de votre propre isolement et vouloir le fuir vous plonge dans des t√©n√®bres encore plus profondes. Vous ne vous pr√©occupez que d’une survie √† court terme, irr√©fl√©chie, que vous soyez accomodant ou violent. Et des milliers d’√™tres meurent de faim ou sont massacr√©s √† cause de votre irresponsabilit√©. Vous abandonnez la marche de ce monde aux politiciens corrompus et menteurs, aux intellectuels, aux sp√©cialistes. Etant vous -m√™mes d√©pourvu d’int√©grit√©, vous √©difiez une soci√©t√© immorale, malhonn√™te, qui repose sur l’√©go√Øsme absolu. Et quand vous tentez de fuir cet univers dont vous √™tes seul responsable, c’est pour aller sur les plages, dans les bois ou faire du « sport » avec un fusil.
Il est possible que vous sachiez tout cela, mais cette connaissance ne peut nullement vous transformer. Ce n’est qu’en √©prouvant le sentiment de faire partie int√©grante du tout que vous serez reli√© √† l’univers. (Le journal de Krishnamurti, le 4 avril 1975)
Comment vivre sur cette terre sans tuer ou faire souffrir un autre ?
Un auditeur : Comment peut-on vivre sur cette terre sans lui porter atteinte ou détruire sa beauté , sans apporter la souffrance et la mort aux autres ?
Krishnamurti : Vous √™tes-vous jamais pos√© cette question ? V√©ritablement ? Pas en th√©orie, mais v√©ritablement, vous √™tes-vous pos√© cette question, lui avez-vous fait face ? Ne la fuyez pas, n’expliquez pas que la souffrance est n√©cessaire, et tout le reste, mais regardez-la, affrontez-la. Vous √™tes-vous jamais pos√© une telle question ? Pas en masse, pas pour faire une manifestation contre un politicien qui veut d√©truire un parc national, ou pour telle ou telle cause. Pour se poser une telle question, il faut qu’elle vous consume, que ce soit quelquechose de consid√©rablement important, pas une question fantaisiste pour passer le temps. Vivre sur cette terre avec son extraordinaire beaut√©e sans la d√©truire; pour mettre fin √† la souffrance, pour ne pas tuer un autre √™tre humain, pour ne pas tuer une chose vivante. Il existe une secte en Inde dont le seul moyen de d√©placement est la marche. Ils ne prennent ni le train, ni l’avion ni aucun v√©hicule et ils portent un masque pour ne pas tuer in insecte en respirant. Quelques membres de ce groupe sont venus voir l’orateur, ils ont march√© pendant treize cents kilom√®tres. Et ils ne veulent pas tuer.
Il y a aussi ceux qui veulent tuer : tuer pour le sport, tuer pour s’amuser, tuer pour le profit – toute l’industrie de la viande, ceux qui d√©truisent la terre, rejettent des gaz empoisonn√©s, polluent l’air, l’eau et polluent les autres. C’est bien ce que nous faisons √† la terre et aux autres.
Peut-on vivre sur cette terre avec cette grande beaut√©e et ne pas apporter la souffrance et la mort aux autres ? C’est une question tr√®s, tr√®s s√©rieuse. Vivre une vie qui ne provoque pas la souffrance ou la mort des autres. Cela signifie ne pas tuer un √™tre humain et ausssi ne pas tuer les animaux pour se divertir ou pour manger. Comprenez-vous tout cela ? Telle est la question.
Il y avait en Inde, une cat√©gorie de gens qui ne mangeaient jamais de viande. Ils pensaient qu’il √©tait mauvais de tuer. On les appelait alors les brahmanes. La civilisation occidentale ne s’est jamais pos√© la question de savoir s’il est juste de tuer, s’il est justifi√© de tuer une chose vivante. Le monde occidental a d√©truit des races enti√®res. D’accord ? L’Am√©rique a d√©truit les Indiens, elle les a an√©antis car elle voulait leur terre et tout le reste. Pouvons-nous vivre sur cette terre sans tuer, sans guerre ? Je peux vous r√©pondre mais, √† quoi cela vous servira-t-il si vous tuez ? Je ne pr√©conise pas le v√©g√©tarisme (Il y a quelque temps quelqu’un √©crivait : « Le v√©g√©tarisme se r√©pand sur ce pays comme une maladie d√©go√ªtante ! ») Mais vous tuez un chou, o√π placez-vous la limite ? En faites-vous un probl√®me ? Comprenez-vous ma question ?
Si vous √™tes contre la guerre, comme certains √™tres humains, moi y compris, le sont et contre le fait de tuer d’autres hommes, quelle qu’en soit la raison, alors vous ne pouvez m√™me plus poster une lettre ! Le timbre, la nourriture que vous achetez, une partie de ce que vous payez va √† la d√©fense, √† l’armement. Si vous achetez de l’essence, une parti du prix y va aussi etc., etc. Alors que faire ? Si vous ne payez pas les taxes vous aurez des amendes ou vous irez en prison. Si vous n’achetez pas de timbres ou d’essence, vous ne pourrez pas √©crire ou voyager. Alors vous vous isolerez et vivre de cette fa√ßon semble plut√¥t futile. Alors que faire ? Allez-vous dire : « Je ne voyagerai pas, je n’√©crirai pas ? » Puisque tout cela contribue √† soutenir l’arm√©e, la marine et les armements – vous suivez ? -, tout ce racket. Ou bien voulez-vous approcher ce probl√®me de fa√ßon diff√©rente ? Pourquoi tuons-nous ? Les religions, surtout le christianisme, ont tu√© √©norm√©ment de gens. Elles ont tortur√© des gens, les ont trait√©s d’h√©r√©tiques et les ont br√ªl√©s. Vous connaissez toute cette histoire. Les musulmans ont fait la m√™me chose. Les hindous et les bouddhistes sont probablement les seuls qui n’ont pas tu√© – leur religion l’interdit.
Comment vivre sur cette terre sans tuer ou faire souffrir un autre ? Approfondit r√©ellement cette question est un processus tr√®s, tr√®s s√©rieux. Est-ce que c’est cette qualit√© d’amour qui r√©pond √† cette question ? Si vous aimez un autre √™tre, √™tes-vous pr√™t √† le tuer ? Allez-vous tuer, √† part ce dont vous avez besoin pour vous nourrir, des l√©gumes, des noix, etc., √† part cela, allez-vous tuer ? Approfondissez toutes ces questions et vivez avec, pour l’amour du ciel, ne vous contentez pas d’en parler.
Ce qui divise le monde, ce sont les id√©aux, l’id√©ologie d’un groupe contre celle d’un autre, cette division apparemment √©ternelle entre l’homme et la femme, etc. On a essay√© de jeter un pont avec la logique, la pens√©e, la raison, √† l’aide de diff√©rentes institutions, fondations et organisations, et on n’a absolument pas r√©ussi. C’est un fait. Le savoir n’a pas non plus r√©solu ce probl√®me – le savoir dans le sens d’une exp√©rience accumul√©e, etc. Et la pens√©e n’a certainement pas r√©solu ce probl√®me.
Il n’ y a donc qu’une possibilit√© pour sortir de l√† : d√©couvrir ce qu’est l’amour. L’amour n’est pas le d√©sir, l’amour n’est pas la possession, l’amour n’est pas une activit√© √©go√Øste, √©gocentrique – moi d’abord et toi apr√®s. Mais apparemment, cet amour n’a pas de signification pour la plupart des gens. Ils peuvent √©crire des livres sur ce sujet, mais cela n’a pas de sens, alors ils essayent d’inventer cette qualit√©, ce parfum, ce feu, cette compassion. Et la compassion a sa propre intelligence, qui est l’intelligence supr√™me. Quand il y a cette intelligence n√©e de la compassion, de l’amour, alors tous ces probl√®mes sont r√©solus simplement, tranquillement mais nous ne poursuivons jamais jusqu’√† son terme. Nous pouvons la poursuivre intellectuellement, verbalement, mais si vous le faites avec votre coeur, avec votre esprit, avec votre passion, alors la terre restera belle. Et il y a alors un grand sentiment de beaut√© en soi. (Ojai, le 24 mai 1984, de la nature et de l’environnement, J.Krishnamurti)
La paix est un √©tat d’esprit indissolublement li√© √† l’amour.
Les √™tres humains aiment tuer, soit les autres humains, soit les animaux qu’il s’agisse d’un daim des for√™ts aux grands yeux inoffensifs, ou d’un tigre venant d’attaquer le b√©tail. On √©crase d√©lib√©r√©ment un serpent sur la route, on prend au pi√®ge les loups ou les coyottes. Des gens tr√®s bien v√™tus et tr√®s gais s’en vont avec leurs pr√©cieux fusils tuer des oiseaux qui, l’instant d’avant, chantaient encore. Un jeune gar√ßon tue un geai bleu caquetant avec un revolver √† plomb et parmi ses a√Æn√©s, nul n’a le moindre mot de piti√©, et personne ne le gronde; tous, au contraire, le f√©licitent d’√™tre si fin tireur. Tuer au nom du soi-disant sport, au nom de son pays ou de la paix, ou pour la nourriture – il n’y a pas de grande diff√©rence entre tout cela. Toute justification est vaine. Il n’est qu’une r√®gle absolue : ne jamais tuer. Pour l’Occidental, les animaux n’existent qu’en fonction de son estomac, ou en vue du plaisir de tuer, ou simplement pour la fourrure qu’ils procurent. Et √† l’Oriental, on enseigne depuis des si√®cles, √† travers des g√©n√©rations, de ne pas tuer, d’avoir piti√© et compassion envers les animaux. Ici les animaux n’ont pas d’√¢me, on peut les tuer impun√©ment tandis que l√†-bas, ils en ont une, alors r√©fl√©chissez et laissez votre coeur conna√Ætre l’amour. Manger la chair des animaux est consid√©r√© dans toute une partie du monde comme normal et naturel, l’Eglise et la publicit√© nous y encouragent. Ailleurs il n’en est pas de m√™me; les gens r√©fl√©chis et religieux n’en mangent jamais, la tradition et la culture s’y opposent. Mais cela aussi est en train de s’effondrer. En Occident, on a toujours tu√© au nom de Dieu et de la Patrie et il en est partout ainsi. La tuerie s’√©tend partout. Presque du jour au lendemain, les anciennes cultures sont balay√©es et l’efficience, la cruaut√© et tous les moyens de destruction sont soigneusement aliment√©s et renforc√©s.
La paix ne d√©pend ni de l’homme politique ni de l’homme d’Eglise non plus que de l’avocat ou du policier. La paix est un √©tat d’esprit indissolublement li√© √† l’amour. (Commentaires sur la vie, volume 2, J. Krishnamurti)
Ce n’st plus un commentaire mais tout un article !
bravo pour l’ensemble article et reponse . Que dit Sri Aurobindo ?