Les Gardiens de la Lumière, Rig-Véda
par Varuna le 26, septembre , 2007 à 1 h 00 min
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Pluton et le Martanda Védique
L’origine de Pluton dans la tradition indienne et le Veda
Depuis qu’Héraclite l’Obscur, prophète et voyant grec pré-Socratique, a été occulté par Socrate et platon, puis par Aristote et l’avénement de la civilisation romaine avant celui des religions monothéistes – et en particulier de la tradition judéo-chrétienne en Occident, L’Inde n’est plus considérée en Occident comme la mère des langages indo-européens et à l’origine des mythes et traditions les plus reculées. L’histoire des civilisations remonte pour nous aux grecs, sinon aux Egyptiens ou aux Babyloniens. Alors qu’en fait, d’après de récentes découvertes archéologiques et de photos aériennes prises par satellites, il a été possible de retrouver le lit desseché de la rivière mythique « Saraswati » qui prenait sa source dans l’himalaya pour aller se jeter dans la mer jusqu’au golfe du Kutch au Nord –Ouest de l’Inde et de l’actuel Pakistan. Les « Aryens » de la civilisation de l’Indus-Saraswati, ont créés en fait le berceau de l’humanité depuis sans doute la fin de l’ère glaciaire, près de 7 000 à 5 000 ans avant J.C. Un masque d’or daté de 4000 ans avant J.C vient d’être trouvé sur le site archéologique de l’antique ville de Monhenjo-Daro. Ce seraient eux probablement, ces tous premiers habitants de la péninsule indienne, qui auraient ensuite en partie émigrés d’une part, vers le Pakistan et la Turquie, puis par l’Europe de l’Est jusqu’aux peuples celtes de Bretagne, du pays de Galles et d’Ecosse, et d’autre part vers le Nord-Est et le Sud de l’Inde, lorsque le lit du fleuve védique de la Sarasvati s’est asséché et s’est détourné, en se séparant ensuite de l’Indus et du Gange.
Selon David Frawley, Pluton, le dieu gréco-romain de la mort et des enfers, serait relié à Ketu – nom dans l’astrologie indienne du nœud sud, du nœud descendant de la lune, de la queue du dragon, mais ce n’est pas tout et en ce sens, Pluton peut être relié à d’autres divinités du panthéon indien.
Ketu est aussi relié à Rudra, dieu védique terrible qui règne sur la mort et la transformation, précurseur de Shiva qui préside à la fois à la création et à la destruction de l’univers manifesté. Mais Ketu est encore relié à Brahma, le dieu de la nouvelle création de l’univers, qui s’endort après 1 000 années divines quand Shiva décide de détruire cet univers-ci lorsqu’il a achevé son cycle de création et que l’implosion finale succède à l’explosion initiale avant que ne recommence un nouvel univers.
Or, le dieu du karma, Chitragupta, préside au nœud descendant de la lune et est sous l’influence supérieure de Brahma, le dieu de la connaissance. Mais le soleil est lui-même présidé ( en tant que régent astrologique ) par Agni, le dieu du feu et de la transformation, qui est lui-même sous l’influence supérieure de Shiva. Yama est considéré en Inde comme dieu de la mort et seigneur des mondes inférieurs invisibles aux hommes vivants. A ce titre il pourrait être rapproché de Pluton. Mais il y a plus encore car à l’origine, dans le Véda, Yama est le gardien de l’immortalité auquel peuvent accéder les rishis, les voyants de « l’âge d’or » de la vérité, ceux qui écrivirent les hymnes sacrés du Véda. Puis, au cours des âges d’argent, de bronze et jusqu’à l’âge de fer – le Kali-yuga dans lequel nous sommes plongés actuellement, la vérité disparaît et est remplacée progressivement par le mensonge qui grandit et corrompt tout, et le rôle de Yama change alors. Il devient le dieu de la mort et des sept lieux inférieurs. C’est là qu’il accueille ceux qui ont achevé leurs vies terrestres, accompagné de ses deux chiens noirs féroces, aux quatre yeux et aux babines retroussées.
Sri Aurobindo nous raconte dans « Le secret du Veda » et nous dévoile le sens profond de nombreux mythes et en particulier celui des « Gardiens de la lumière » qui n’a jamais été traduit en français et que nous allons maintenant présenter brièvement, car il nous apparaît que c’est ce mythe védique très ancien qui est sans doute à l’origine de toute la symbolique plutonienne.
Les gardiens de la lumière à la recherche du soleil noir qui demeure dans l’obscurité.
Aditi est à l’origine, l’infini, l’indivisible, la conscience pure sans dualité, qui est elle-même Une, auto-lumineuse. Elle est la « Lumière qui Est », la Mère de toutes choses. En tant qu’infini, elle donne naissance à Daksha qui est la pensée discriminative et distributive de l’esprit divin. Aditi s’unit mystiquement à Daksta et donne alors naissance à une autre forme, une autre émanation d’elle-même, qui s’appelle encore Aditi mais sous l’aspect de « l’infini cosmique » qui devient « la Mère des dieux ». Ultérieurement, sa sœur Diti, représentera alors la conscience séparative de la dualité, sera la mère des Titans, appelés en Inde les Asuras, les anti-dieux qui s’opposeront de toutes leurs forces à l’évolution de l’univers manifesté, de l’humanité et de l’homme en transformation. Bien qu’Aditi, mère des dieux, soit libre de toute dualité, elle poursuit sa descente dans la matière et son incarnation sur terre et elle épouse le « père inhospitalier » ( nommé le plus souvent dans les textes mythologiques Kashyapa ) qui sera tué ensuite par son fils le dieu Indra, afin qu’elle puisse être manifestée comme « le principe même de la terre » qui non seulement fera obstacle mais pourra vaincre les titans afin de permettre que l’univers, créé en toute liberté, puisse évoluer et manifester son unité dans sa diversité.
Les Gardiens de la lumière, fils d’Aditi
Aditi, l’infini
Daksha
Aditi, Mère des dieux
Surya Surya-Savitri
Pushan Varuna
Mitra Bhaga
Aryaman
( Tvastri )
Martanda
Aditi donne naissance à ses fils, les Adytias. Elle crée alors successivement ses fils qui deviennent les « gardiens de la lumière » et qui sont appelés Surya – le Soleil de Lumière et de Vérité ( qui demeure dans les plans divins supra-conscients ) ; Surya Savitri, le Soleil – Créateur qui se manifestera en l’homme comme le révélateur de sa vérité d’être ; Pushan le soleil qui attise et nourrit l’aspiration de l’homme vers la lumière. Puis viennent les quatre rois solaires que sont Varuna – le vaste, le pur, maître des deux océans au-dessus et en-dessous ( qui deviendra Ouranos – Uranus en Occident ) ; Mitra – l’amour et l’harmonie ; Bhaga – le seigneur de la Joie divine ; Aryaman – qui aspire et inspire l’homme au sacrifice et au dépassement de lui-même. Apparaît ensuite Tvastri – le créateur des formes, l’artisan divin ( proche du dieu Ptah en Egypte, qui deviendra sans doute Héphaïstos – Vulcain ensuite ), qui donne à l’homme incarné sa nature à la fois divine et terrestre, double nature qui lui donnera le privilège d’évoluer alors que les dieux n’ont pas cette chance malgré tous leurs pouvoirs. Avec Tvastri, les principaux « agents divins » de ces premiers dieux solaires, sont respectivement Agni, le feu céleste qui est symboliquement comme un serpent de feu à deux têtes car avec l’une d’elle il monte au ciel et avec l’autre il plonge aussi dans les mondes souterrains où il apporte le feu de la transformation et de la lumière divine ; Indra le chef des armées célestes des dieux ( qui deviendra Zeus – Jupiter armé de la foudre, comme régent ) ; Brihaspati le grand prêtre des dieux ; Yama ( qui deviendra Chronos – Saturne ) en tant que gardien de l’immortalité au cours de l’âge d’or ou la Vérité triomphait et ou les rishis-voyants pouvaient devenir immortels ; et puis Soma, le nectar des dieux qui leur donne une vie immortelle et qui est très convoité des titans qui veulent le ravir aux dieux.
Mais dans sa création incarnée de plus en plus, Aditi enfante enfin Martanda – le soleil caché – « le soleil noir qui demeure dans l’obscurité » au plus profond de la matière terrestre et de l’univers. Ce soleil noir oublié de ses frères est encore « Celui de la création mortelle ». Et Sri Aurobindo de terminer le mythe en racontant ainsi l’épopée que nous résumons maintenant :
« Il y a huit fils qui sont nés d’Aditi – la Mère cosmique qui soutient et nourrit tous les mondes de son énergie divine. Par sept d’entre eux elle se meut parmi les dieux, mais le huitième est Martanda, celui de la création mortelle, celui qu’elle a rejetée ensuite loin d’elle, le soleil perdu et caché dans les ténébres. Mais avec ses sept fils solaires, elle va vers la Vie suprême et part ensuite à la recherche de Martanda. A la fin de cette quête mystique, Martanda, le soleil noir sort alors de l’inconscient où il était caché et où il fut précipité initialement. C’est lui qui présidera désormais aux naissances et aux morts ».
Voici résurrection et mort transmuées l’une dans l’autre. Les titants avaient caché et voilé Martanda dans leur caverne de ténébres tout au fond de l’inconscient. Aditi et ses fils solaires vont le délivrer et révèler aux dieux et aux voyants ( aux « rishis » de l’Inde védique ) toute sa splendeur originelle et sa liberté divine, grâce à la toute puissance du sacrifice et de l’incarnation de la lumière au plus profond de la terre et de l’inconscient, lumière qui s’est enfin révèlée afin que les rishis en soient eux-mêmes transformés et puissent atteindre à la vie perpétuelle qui a un commencement mais qui n’a pas de fin.
Pierre Etevenon ( Congrés d’Hermés consacré à Pluton )
Citations de Sri Aurobindo et Satprem :
« Les rishis ne parlent pas seulement d’une ascension de l’âme vers la vérité et la félicité suprême mais aussi d’une descente… Cela même est le Secret des Védas : cette quête du Soleil perdu c’est, nous dit Satprem : « le long pèlerinage de la descente dans l’inconscient et la lutte sans merci contre les forces obscures, voleuses de Soleil ».
Pour les voyants védiques : « les Dieux ne sont pas de simples personnifications poétiques, d’idées abstraites ou de fonctions psychologiques et physiques de la Nature, dit Aurobindo. Pour ces mystiques les Dieux sont des Réalités vivantes. Les Dieux védiques sont les noms, pouvoirs et personnalités du Dieu universel et chacun représente un pouvoir essentiel de l’Etre divin. Enfin, ces Dieux auxquels les Rishis offraient le Sacrifice intérieur n’étaient pas des fictions mais des puissances réelles qui aidaient l’ascension vers l’immortalité. »
On retrouve des similitudes de l’ancienne légende védique, du « Soleil perdu » chez les anciens Mayas : là aussi le Soleil enfermé dans l’obscurité pendant plusieurs mois est retrouvé grâce aux hymnes et aux prières des sages.
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27 septembre 2007 a 10 h 48 min
Voici une autre version de la naissance de Martanda , trouv√©e dans le livre de Charles Malamoud « le jumeau solaire « .
« Le soleil , en effet, doit sa naissance √† la d√©mesure, √† la pr√©somption impie qui s’est empar√©e de sa m√®re , la d√©esse Aditi.Selon ce qu’enseignent plusieurs textes de la prose v√©dique , Aditi avait fait une s√©rie d’offrandes aux Sadhya ,dieux d’avant les dieux , et conform√©ment √† la r√®gle , avait mang√© les restes de ses offrandes :en cons√©quence de quoi elle avait mis au monde , √† plusieurs reprises, une port√©e de dieux , les Aditya. Elle se dit que si , au lieu de manger les restes , elle se servait d’abord , elle enfanterait une prog√©niture encore plus vigoureuse.C’√©tait une erreur:le r√©sultatde cette proc√©dure incorrecte fut une masse de chair informe qui re√ßut le nom de Martanda , litt√©ralement: »ce qui est issu d’un oeuf mort » .
Aditi rejette cet avorton, mais les Aditya n’acceptent pas que soit ainsi d√©truit un √™tre qui, malgr√© sa difformit√© , est leur fr√®re .Ils le recueillent , le fa√ßonnent , lui donnent une forme qui est l’√©bauche de ce que sera la forme humaine et en font un soleil: Martanda , √™tre issu de la mort, est rendu apte √† la vie par ses fr√®res , mais en m√™me temps qu’il devient le soleil et re√ßoit ,comme les dieux ses fr√®res, l’appellation d’Aditya, il estpromis √† la procr√©ation de ce qui sera la race humaine , directement ou par l’interm√©diaire de son fils Yama.
Du reste Martanda est , semble-t-il ,dans les hymnes v√©diques, une fa√ßon contourn√©e de nommer l’homme . »
Gayatri